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Origine. 1991 le
Comité d'urgence antirépression homosexuelle (Cuarh) dirigé par Jean-Paul Pouliquen
et Gérard Bach-Ignasse (1951-2003) demande la création du Contrat d'union civile
(Cuc). 1992-25-11 proposition de loi (no 3066)
déposée par 8 députés socialistes dont Jean-Yves Autesier pour un Cuc. 1995
l'association Aides lance un projet de Contrat d'union sociale
(Cus). Sept. environ 30 maires du Mouvement des citoyens annoncent qu'ils
délivreront des « certificats de vie commune » aux couples non mariés homosexuels
ou hétérosexuels. 1996-mai Jacques Toubon, garde des
Sceaux, admet des aménagements en faveur des homosexuels (droit au transfert de
bail), mais refuse une réforme législative. Juin rassemblement à Paris
de la Lesbian and Gay Pride, appel au Contrat d'union civile et sociale
(Cucs). 1997-janv. Laurent Fabius, au nom du groupe
socialiste, dépose un projet de loi. -23-7 Jean-Pierre Michel et 21 députés
du groupe des Radicaux-Verts-Citoyens déposent un projet de loi créant le Cucs
où 2 personnes physiques ayant un projet de vie commune pourront signer un contrat
devant un officier d'état civil et rompre devant notaire. 1998-février
rapport de Jean Hauser proposant un Pacte d'intérêt commun (Pic) conclu devant
notaire où 2 personnes décident d'organiser leurs relations pécuniaires et patrimoniales
pour assurer leur communauté de vie, sans références sexuelles. -Avril 12 162 maires
signent une pétition contre le Cucs. -28-5 Pacte civil de solidarité (Pacs)
présenté par les députés Jean-Pierre Michel et Patrick Bloche (voir à l'Index).
1999-15-11 entre en vigueur.
Formalités. Le Pacs doit être signé
entre 2 personnes majeures, sans être sous tutelle, quel que soit leur sexe, qui
souhaitent organiser leur vie commune. Elles ne doivent pas être engagées dans
les liens du mariage ou dans un autre Pacs ni être membres d'une même famille :
grands-parents et parents, enfants et petits-enfants, chacun des époux et tous
les ascendants et descendants de l'autre conjoint (beaux-parents et gendre ou
belle-fille), frères et sœurs, demi-frères ou sœurs, neveux et nièces.
Le Pacs détermine les modalités de l'aide mutuelle et matérielle que s'apportent
les 2 partenaires en faisant référence à l'article 515-4 du Code civil qui impose
cette entraide. Il peut prévoir les modalités de l'aide mutuelle, préciser la
contribution de chacun aux charges du ménage, envisager le régime des biens achetés
ensemble, faire l'inventaire des biens propres à chaque partenaire avant la conclusion
du Pacs, envisager le partage des biens en cas de rupture ou la rédaction d'un
testament pour le partenaire. Enregistrement.
Au greffe du tribunal d'instance du lieu de la résidence commune ; à
l'étranger, à l'ambassade ou au consulat français. Remettre 2 contrats originaux,
et pour chacun des signataires, une pièce d'identité, la copie intégrale (ou un
extrait avec filiation) de l'acte de naissance (ou un acte de notoriété), un certificat
établi par le greffe du tribunal d'instance du lieu de naissance attestant qu'aucun
Pacs n'a déjà été conclu, 2 attestations sur l'honneur précisant qu'il n'existe
aucun lien de parenté ou d'alliance interdisant la conclusion du pacte et certifiant
que la résidence commune est dans le ressort géographique du tribunal dans lequel
la déclaration est faite. Le jour même, le greffier remet aux signataires une
attestation d'engagement dans les liens d'un Pacs. On peut obtenir communication
de ces informations (sauf le numéro d'enregistrement, et la nature et la date
de la cause de la dissolution). Administration fiscale, organismes gérant les
prestations familiales, assurance maladie, maternité, décès et assurance veuvage,
tuteur du partenaire faisant l'objet d'une mesure de protection peuvent aussi
accéder à ces informations et dans certains cas, les autorités judiciaires, notaires,
agents chargés de l'exécution d'un titre exécutoire, administrateurs judiciaires
et mandataires liquidateurs. Toute modification du pacte doit
faire l'objet d'une déclaration conjointe inscrite au greffe du tribunal d'instance
qui a reçu l'acte original. Biens
(meubles) acquis pendant la durée du pacte. Considérés communs même
si un seul en a payé l'intégralité. Les décisions concernant ce bien doivent être
prises à 2. Les partenaires peuvent refuser cette indivision : 1o) en
prévoyant dans le pacte d'origine ce qu'il adviendra des achats de meubles meublants
(table, chaise, téléviseur...) effectués pendant leur vie commune ; 2o) en
précisant dans l'acte d'acquisition du bien à qui celui-ci revient. Charges.
Les partenaires sont solidaires des dettes conclues par l'un d'eux pour les besoins
de la vie courante et les dépenses du ménage, y compris celles liées au logement
ou à l'éducation des enfants. Si l'un refuse de contribuer, l'autre pourra demander
en justice le versement d'une pension alimentaire. La solidarité sera de fait
pour les crédits demandés (à la consommation...) afin de satisfaire à des dépenses
« normales ». Les créanciers peuvent se retourner contre l'un ou l'autre pour
se faire payer (pour un loyer impayé, ils peuvent se renseigner au greffe du tribunal
d'instance dont dépend la résidence de leur débiteur pour savoir si celui-ci a
signé un Pacs). Collaboration avec un artisan ou un
commerçant. Le Code du travail s'applique à la personne liée au chef
d'entreprise par un Pacs si elle est salariée par lui, travaille sous son autorité,
participe effectivement à la marche de l'entreprise ou à l'activité de son partenaire
à titre professionnel et habituel et perçoit une rémunération horaire minimale
égale au Smic. Congés. Les partenaires ont
priorité pour prendre leurs congés en commun mais l'employeur n'est pas obligé
de faire coïncider leurs dates si cela gêne l'activité de l'entreprise. Pour
événements familiaux : en cas de décès du partenaire ou de leur propre
enfant : 2 jours. Mutation professionnelle : priorité dans l'ordre
des mutations pour exercer leurs fonctions dans la même région. Impôts.
Imposition établie aux 2 noms, séparés par le mot « ou ». Impôt sur le
revenu des 2 premières années : déclarations séparées et individuelles ;
3e année : déclaration commune possible. Bénéficient de 2 parts
+ 1 demie pour chacun des 2 premiers enfants à charge + 1 part supplémentaire
à partir du 3e enfant. Impôt sur la fortune : imposition
commune. Le fisc prend en compte la valeur nette, au 1er janvier de
l'année, de l'ensemble des biens, droits et valeurs imposables appartenant à l'un
et l'autre et à leurs enfants. Doivent signer conjointement la déclaration. Paiement
des impôts : les partenaires sont solidaires pour l'impôt sur le revenu,
sur la fortune, la taxe d'habitation (même si le logement est au nom d'un seul)
s'ils vivent sous le même toit. Donations.
Consenties les 2 premières années suivant l'enregistrement du pacte :
droits 60 % ; après 2 ans : abattement de 57 000 €, droits 40 % jusqu'à
15 000 €, 50 % au-delà. Successions. Après
abattement de 57 000 €, droits 40 % jusqu'à 15 000 €, 50 % au-delà.
Logement. Loué : si le
contrat est signé par 1 seul, le propriétaire oblige celui qui n'a pas signé le
bail à libérer les lieux dans les mêmes délais. Si le partenaire signataire du
bail donne congé, il ne peut rien faire pour rester et est tenu du paiement des
loyers et charges et de l'indemnité d'occupation fixée par le juge après la résiliation
du bail. Si le locataire abandonne le domicile, le contrat de location se poursuit,
sans condition de durée, au profit de son partenaire. Si le locataire décède,
le contrat est transféré au profit de son partenaire, sans condition de durée.
Logement appartenant à un seul membre du couple : chacun est tenu solidairement
du paiement des charges de copropriété, factures et impôts. Logement appartenant
aux 2 membres : les partenaires sont solidaires des charges, des mensualités
de l'emprunt. Pour vendre le logement ou autoriser l'inscription d'une hypothèque,
les 2 partenaires devront être d'accord. En cas de séparation, ils devront sortir
de l'indivision. Allocation logement : sociale, familiale, prime
de déménagement, prêts à l'amélioration de l'habitat sont attribués dans les mêmes
conditions qu'aux conjoints ou concubins : on tient compte des ressources du couple,
de la composition du foyer. Tout bailleur peut donner congé
à un locataire pour reprendre un logement pour son partenaire ou les ascendants
et descendants de celui-ci. Prestations
sociales. Toute personne liée par un Pacs à un assuré social, qui ne
peut prétendre elle-même à une couverture sociale à un autre titre, est un ayant
droit. Prestations
familiales et assimilées. Maintenues : allocation pour
jeune enfant, allocations familiales, complément familial, allocation logement,
allocation d'éducation spéciale, allocation de rentrée scolaire, allocation parentale
d'éducation, allocation d'adoption. Perdues : allocation de soutien
familial et celle de parent isolé. Allocation
aux adultes handicapés. Ressources communes prises en compte. Un complément
est versé quand le titulaire du droit, ou son partenaire, perçoit une allocation
logement ou l'aide personnalisée au logement (APL).
Capital décès. Le signataire est
prioritaire si, au jour du décès, il était à sa charge effective, totale et permanente
avant même descendants et ascendants. Allocation
veuvage. Le partenaire n'y a pas droit. Tout veuf ou veuve qui signe
un Pacs perd le bénéfice de cette allocation. Revenu
minimum d'insertion (RMI). Pour son attribution, majoration, évaluation
des avantages en nature (dont le logement gratuit), les ressources du couple ayant
signé le Pacs sont prises en compte. Fin
de Pacs. Volonté commune des 2 partenaires : déposer
une déclaration écrite conjointe au greffe du tribunal d'instance du lieu de résidence
de l'un d'eux ; le Pacs est rompu lorsque le greffier mentionne l'inscription
en marge de l'acte initial ; d'un seul : il doit informer son partenaire
en faisant appel à un huissier et adresser une copie de cette information au greffe
du tribunal d'instance qui a enregistré le pacte. Le Pacs prend fin 3 mois après
la signification à l'autre signataire, à condition qu'une copie ait bien été adressée
au tribunal. Mariage : si l'un des partenaires souhaite se
marier avec un tiers il doit le signifier à l'autre par voie d'huissier et
adresser par lettre recommandée avec accusé de réception une copie de la signification
et de son acte de naissance, sur lequel est mentionné le mariage, au greffe du
tribunal qui a reçu l'acte initial. Le Pacs prend fin à la date du mariage. Si
les partenaires se marient ensemble, ils doivent adresser au tribunal d'instance
leurs actes de naissance avec la mention du mariage ou encore l'acte de mariage.
Décès : le survivant ou toute autre personne intéressée (comme
un enfant) doit envoyer une copie de l'acte de décès, par lettre recommandée avec
avis de réception, au greffe du tribunal qui a reçu le pacte. Conséquences
de la rupture. Partage des biens : les règles définies dans le
pacte ou dans l'acte d'acquisition des biens s'appliquent. En cas de désaccord,
le tribunal de grande instance intervient. Le partenaire délaissé peut exercer
un recours contre son ex-partenaire pour obtenir des dommages et intérêts en cas
de rupture abusive, ou après plusieurs années de vie commune. Si les partenaires
ont des enfants en commun, le juge aux affaires familiales est compétent pour
tout problème lié à l'autorité parentale. Nombre de
Pacs conclus et, entre parenthèses, nombre de dissolutions. Total :
104 588 (9 163) dont 1999 : 6 151 (7) ; 2000 : 22 276
(624) ; 01 : 19 632 (1 872) ; 02 : 25 311 (3 185) ; 03 (est.) :
31 218 (3 475). France : 1966 : adoption plénière
par un célibataire autorisée. 21-12-2000 : la cour administrative d'appel
de Nancy cassant une décision du tribunal administratif de Besançon interdit à
une institutrice d'adopter un enfant car il risquerait de souffrir d'« une absence
d'image ou de référent paternel » (sa mère adoptive vivant avec une autre femme).
Couples homosexuels. Mariage reconnu légalement :
Belgique (13-2-2003), Pays-Bas : janv.
1998 : « partenariat enregistré » à la mairie. 12-9-2000 : 2 textes
adoptés par la Chambre des députés (109 voix pour, 33 contre) permettent aux homosexuels
de se marier et d'adopter des enfants. 15-9-2000 : 8 000 couples signent
les registres du partenariat (dont 5 000 homosexuels). 19-12-2000 : Sénat
approuve (47 pour, 28 contre) loi d'adoption d'enfants par 2 parents du même sexe
(les parents adoptifs « devront avoir vécu ensemble depuis au moins 3 ans »).
1-4-2001 (0 h) : entrée en vigueur de la 1re loi autorisant
le mariage entre partenaires d'un même sexe. Mariages (en 2003) : entre
un homme et une femme 81 135, entre 2 hommes 727, entre 2 femmes 759. Partenariat :
Allemagne : Un couple homosexuel ne peut adopter un enfant mais
l'un ou l'autre des conjoints peut le faire. 1-8-2001 : « partenariat »
enregistrable en mairie ; chaque partenaire peut porter le nom de famille de l'autre
ou le double nom. Danemark : loi du 2-5-1989, 2 personnes du
même sexe peuvent faire enregistrer leur « partenariat » : permet au survivant,
en cas de décès, d'hériter de son compagnon ou de sa compagne et d'éviter d'être
expulsé du logement dont il n'était pas officiellement locataire. Cette union
peut être consacrée solennellement devant le maire ou le pasteur (pas de séparation
entre l'Église et l'État ; le mariage religieux, quand il a lieu, a force de loi),
Suède : 1995. Espagne : fin juin 2000 :
loi du Parlement de Navarre permettant l'adoption d'enfants pour les couples
de même sexe (les conjoints doivent vivre ensemble depuis + d'un an). États-Unis
(Californie). San Francisco, 12-2-2004 1er mariage
homosexuel célébré (Del Martin, 83 ans, et Phylis Lyon, 79 ans). Cependant la
loi californienne ne reconnaît pas ces mariages. France. A gauche,
la majorité des partis s'est déclarée favorable au mariage d'homosexuels (Verts,
PCF, LCR, LO. François Hollande (1er secrétaire du PS) a confié aux
parlementaires socialistes la mission de rédiger, en 2004, une proposition de
loi « déterminant les conditions et les règles » pour parvenir à la reconnaissance
de tels mariages. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius sont pour ; Ségolène
Royal et Lionel Jospin sont réservés. Jospin a souligné que le principe de l'égalité
des droits « ne devait pas effacer toutes les différences », et refusé l'adoption
d'un enfant par un couple du même sexe. Selon un sondage de l'Ifop publié le 8/9-4-2004 :
sur 1 003 Français, 64 % estimaient que « les couples homosexuels devraient avoir
le droit de se marier » (en 1996 : 48 %). Le 5-6-2004 Noël Mamère (Vert),
maire de Bègles (Gironde), a marié 2 hommes, Bertrand Charpentier et Stéphane
Chapin. Le 14-6 Dominique de Villepin (min. de l'Intérieur) l'a suspendu
de ses fonctions de maire pendant un mois. G.-B. (prévu).
pacs et caetera Site Comité pour le Contrat d'Union Sociale. Texte
de loi, mode d'emploi, décrets d'application, circulaires. Carnet. perso.club-internet.fr/ccucs/
pacs et Ministère de la Justice Fiche d'information du Ministère
de la Justice sur le pacs : loi, bénéficiaires, démarches,
procédure, effets juridiques modification/dissolution, informations pratiques.
www.justice.gouv.fr/vosdroit/fichepacs.htm Si
vous résidez à l'étranger et que l'un de vous au moins est
de nationalité française http://www.france.diplomatie.fr/etrangers/vivre/pacs/
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